L’imam Ibn ʿAbd al-Barr al-Mālikī anéantit votre croyance qui consiste à porter les attributs sur le sens réel.
Il a d’ailleurs rapporté le consensus des gens de la Sunna à ce sujet.
Il a dit : « Les gens de la Sunna sont unanimes à reconnaître tous les attributs mentionnés dans le Coran et la Sunna, à y croire, et à les porter sur le sens réel, non sur le sens figuré. »
En ce qui concerne la parole de l’imam Ibn ʿAbd al-Barr al-Mālikī al-Ashʿarī, qu’Allāh lui fasse miséricorde, tu ne l’as pas comprise. Je vais te l’expliquer, afin que tu comprennes peut-être.
Premièrement : tous Ses attributs, qu’Il soit exalté, qui sont catégoriques et établis par les preuves et démonstrations scripturaires et rationnelles, sont portés sur le sens réel et non sur le sens figuré. C’est bien la parole de l’imam Ibn ʿAbd al-Barr. Mais as-tu compris la « réalité » (al-ḥaqīqa) que vise l’imam ?
Sache que le lieu du désaccord avec les assimilateurs (mushabbiha) et les anthropomorphistes (mujassima) porte sur la réalité du sens,
et non sur la réalité de l’attribut.
Deuxièmement : lorsque tu rassembles les paroles de l’imam Ibn ʿAbd al-Barr, qu’Allāh lui fasse miséricorde, les unes avec les autres, tu te trouves devant l’une de ces deux possibilités : soit il est contradictoire, puisqu’il a dit en un endroit que « les attributs sont portés sur le sens réel », et en d’autres endroits que « les attributs… sont portés sur le sens figuré ».
Il a dit, qu’Allāh lui fasse miséricorde, dans at-Tamhīd :
Le Prophète ﷺ disait : « Ô Toi qui retournes les cœurs, affermis nos cœurs sur Ta religion. » Umm Salama lui dit : « Comme tu dis souvent : “Ô Toi qui retournes les cœurs” ! » Le Prophète ﷺ répondit : « Les cœurs sont entre deux doigts parmi les doigts d’Allāh ; Il les retourne comme Il veut. »
On s’appuie aussi sur le ḥadīth de ʿĀʾisha et d’Umm Salama. Al-Mustawrid et d’autres ont rapporté que le serment le plus fréquent du Messager d’Allāh ﷺ était : « Par Celui qui détient mon âme dans Sa main » et « l’âme d’Abū al-Qāsim est dans Sa main ». Tout cela est un serment par Allāh ; c’est une chose sur laquelle on est unanime, et la louange appartient à Allāh. L’issue de tous ces ḥadīths
est un sens figuré (majāz) dans les attributs
connu des gens de science, que confirme la Parole d’Allāh, Puissant et Majestueux : « Notre Seigneur, ne fais pas dévier nos cœurs… » (verset). Fin de citation.
Il a dit aussi, qu’Allāh lui fasse miséricorde, dans son livre al-Istidhkār :
Maʿmar a rapporté d’Ayyūb, de al-Qāsim ibn Muḥammad, d’Abū Hurayra, qu’il a dit : « Allāh accepte l’aumône lorsqu’elle provient d’une source licite et pure, et Il la prend de Sa droite », et il a mentionné le sens du ḥadīth de Mālik d’après Yaḥyā ibn Saʿīd dans ce chapitre.
Quant à sa parole « Il la prend de Sa droite »,
c’est un sens figuré
et une belle expression pour désigner l’acceptation par Allāh, qu’Il soit exalté, de l’aumône.
Le sens de la « prise » d’Allāh à son égard est Son acceptation
béni et exalté soit-Il. Rien ne Lui ressemble, et Il n’est semblable à rien. Il est l’Audient, le Savant.
Il a dit encore, qu’Allāh lui fasse miséricorde, dans al-Istidhkār, tome 5, page 97 :
Quant à sa parole ﷺ : « Allāh lui sourit », cela signifie
qu’Allāh, Puissant et Majestueux, l’accueille
avec miséricorde,
agrément, pardon et clémence.
Le mot
« rire » ici est un sens figuré ,
parce que le rire n’est pas de la part d’Allāh, Puissant et Majestueux, comme il l’est de la part des êtres humains, car rien n’est semblable à Lui et les choses ne Lui ressemblent pas.
Au sujet de l’attribut de la venue (al-majīʾ), il a nié la réalité d’une venue impliquant mouvement et déplacement.
Il a dit dans at-Tamhīd (7/137) :
Allāh, Puissant et Majestueux, a dit : « Et ton Seigneur vient, ainsi que les anges, rang par rang » (al-Fajr, 22).
Sa venue n’est
👉🏻 ni un mouvement 👈,
ni un déplacement, ni un transfert,
👉🏻 car cela n’a lieu que si celui qui vient 👈
est un corps ou une substance.
Puisqu’il est établi qu’Il n’est
👉🏻 ni corps ni substance 👈,
il n’est pas nécessaire que Sa venue soit
👉🏻 un mouvement ni un déplacement. 👈
Si tu considères cela à la lumière de leurs expressions : « l’heure de sa mort est venue à un tel », « la mort lui est venue », « la maladie lui est venue », et autres expressions semblables — qui désignent quelque chose qui lui arrive et descend sur lui, sans qu’il y ait de venue [spatiale] —, cela te deviendra clair. Et c’est par Allāh qu’on obtient la préservation et le succès. Fin de citation.
Il a également nié la réalité d’une descente par l’essence même (an-nuzūl adh-dhātī) et a indiqué que cela ne fait pas partie de la croyance des gens de la Sunna et de la Communauté, et que c’est une parole abandonnée.
Il a dit dans al-Istidhkār (t. 8, p. 153), en expliquant le ḥadīth de la descente :
Un groupe se réclamant des gens de la Sunna
a dit : « Il descend
👉🏻 par Son essence. » Or ceci
👉🏻 est une parole abandonnée
parce qu’Il, que Son rappel soit exalté,
👉🏻 n’est pas un lieu pour les mouvements
et qu’il n’y a en Lui rien des signes des créatures.
Il a dit aussi dans al-Istidhkār (8/175), en niant le changement au sujet d’Allāh, qu’Il soit exalté :
Il n’y a pas, dans la parole d’Abū ad-Dardāʾ lorsqu’il se levait au milieu de la nuit : « Les yeux se sont endormis, les étoiles se sont enfoncées, et Toi Tu es le Vivant, le Subsistant par Soi », davantage que la considération de la création d’Allāh, Puissant et Majestueux, et la glorification d’Allāh par ce qui Lui convient.
Il est Celui que n’atteignent ni assoupissement ni sommeil, ni changement ni transformation ,
contrairement aux étoiles qui parcourent leur course et reviennent à leur retour, tantôt apparentes et visibles, tantôt absentes et enfoncées, assujetties à ce pour quoi elles ont été créées. Leur Créateur est le Vivant, le Subsistant par Soi, que n’atteignent ni assoupissement ni sommeil, le Permanent, Celui qui se tient au-dessus de chaque âme pour ce qu’elle a acquis.
Point de divinité excepté Lui, Seigneur des sept cieux et Seigneur du Trône immense. Il me suffit, et quel bon Protecteur !
Je termine par ses paroles sur la licéité du tabarruk par les lieux des prophètes et des pieux, leurs stations et leurs demeures — ce qui, selon vous, est de l’associationnisme et un culte des tombes.
Il a dit, qu’Allāh lui fasse miséricorde, dans at-Tamhīd (13/67) :
Dans ce ḥadīth, il y a une preuve de
👉🏻 la recherche de bénédiction (tabarruk) par les lieux des prophètes
👉🏻 et des pieux,
👉🏻 leurs stations
👉🏻 et leurs demeures.
Maintenant, soit tu comprends son intention et tu lèves de toi la confusion et l’ambiguïté qui t’ont atteint — et tu sauras alors qu’un imam de la stature d’Ibn ʿAbd al-Barr al-Mālikī, le ḥāfiẓ du Maghreb, ne peut pas être contradictoire dans sa croyance —,
soit tu comprends sa parole « elles sont portées sur la réalité » au sens de la réalité de l’attribut. Sache donc que Ses attributs, qu’Il soit exalté, sont réels et non figurés, et que le sens figuré n’intervient que dans la réalité du sens.
Si, après avoir rassemblé [ses propos], tu le sais, tu seras certain que l’imam n’est pas contradictoire. Il y a une grande différence et un écart immense entre la réalité de l’attribut et la réalité du sens.
La première, nous l’affirmons ; la seconde, nous en remettons le sens [à Allāh] (tafwīḍ) ou nous l’interprétons (taʾwīl).