Fiqh

Le jugement relatif au fait de chercher la bénédiction (tabarruk) auprès des tombes selon les quatre écoles juridiques

Imad 7 septembre 2026 6 min de lecture
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Mawsūʿat al-Fiqhiyya al-Kuwaytiyya (Encyclopédie juridique koweïtienne), tome 43, page 311 :


Le jugement relatif au fait de chercher la bénédiction (tabarruk) auprès des tombes selon les quatre écoles juridiques

– Les jurisconsultes ont divergé quant au jugement de poser la main sur la tombe.

Les mālikites, les ḥanafites selon un avis, ainsi que les shāfiʿites selon un avis également, estiment que poser la main sur la tombe constitue une innovation (bidʿa).

On lit dans al-Madkhal d’Ibn al-Ḥājj (mālikite) :
« Tu vois des gens dépourvus de science qui tournent autour de la tombe noble comme on tourne autour de la Kaʿba sacrée, qui s’y frottent, l’embrassent, y jettent leurs mouchoirs et leurs vêtements dans l’intention de s’en bénir. Tout cela relève des innovations, car la véritable bénédiction ne s’obtient que par le suivi du Prophète ﷺ. Et ce n’est d’ailleurs que par une telle voie que les gens de la Jāhiliyya en sont venus à adorer les idoles. »

Dans al-Shifā bi-taʿrīf ḥuqūq al-Muṣṭafā du qāḍī ʿIyāḍ, on trouve :
« Mālik a dit, dans la relation d’Ibn Wahb : Lorsqu’on salue le Prophète ﷺ et qu’on invoque, on se tient debout face à la tombe noble, non face à la qibla ; on s’approche et on salue, sans toucher la tombe de sa main. »

Dans al-Fatāwā al-Hindiyya :
« Shams al-Aʾimma al-Makki a dit : Poser la main sur les tombes est une innovation. »

Dans al-Majmūʿ de al-Nawawī, rapportant les propos d’Abū al-Ḥasan Muḥammad ibn Marzūq al-Zaʿfarānī :
« On ne touche pas la tombe de sa main, ni ne l’embrasse. C’est ainsi qu’a été établie la Sunna. Toucher les tombes et les embrasser, comme le font aujourd’hui les gens du commun, relève des innovations blâmables qu’il faut éviter et dont il faut empêcher l’auteur. »

Le ḥāfiẓ Abū Mūsā al-Aṣfahānī rapporte :
« Les jurisconsultes éminents du Khorasan ont dit : On ne frotte pas la tombe de sa main, on ne l’embrasse pas et on ne la touche pas, car cela relève des coutumes des chrétiens. »
Il ajoute : « Ce qu’ils ont dit est exact, car il est authentiquement rapporté l’interdiction d’exagérer dans le respect des tombes. De plus, on n’a pas recommandé de toucher les deux angles syriens de la Kaʿba, bien que l’on recommande de toucher les deux autres angles ; à plus forte raison le toucher des tombes n’est-il pas recommandé. »

Al-Ghazālī a dit :
« Il n’est pas de la Sunna de toucher le mur ni de l’embrasser, car le toucher et le baiser des lieux de visite sont des coutumes des chrétiens et des juifs. »

Le shaykh Ibn Taymiyya a dit :
« Les salaf et les imams se sont accordés sur le fait que celui qui salue le Prophète ﷺ ou un autre prophète ou un pieux ne se frotte pas à la tombe et ne l’embrasse pas. Ils se sont même accordés sur le fait que l’on ne touche et n’embrasse que la Pierre Noire, et que l’angle yéménite se touche sans être embrassé, selon l’avis le plus correct. »

Les shāfiʿites, selon l’avis de l’école, ainsi qu’Aḥmad selon une relation, jugent détestable (makrūh) le fait de toucher la tombe de la main. Le shaykh Sulaymān al-Jamal a toutefois excepté de ce jugement le cas où l’on vise par là la bénédiction :
« Cela n’est alors pas détestable. »

Al-Shirbīnī al-Khaṭīb a dit :
« Il est détestable d’embrasser le cercueil placé sur la tombe, de même qu’il est détestable d’embrasser la tombe, de la toucher et d’embrasser les seuils lors de la visite des saints. Tout cela relève des innovations que les gens ont introduites. »

Sulaymān al-Jamal a dit :
« Il est détestable d’embrasser le cercueil placé sur la tombe, de même qu’il est détestable d’embrasser la tombe, de la toucher et d’embrasser les seuils lors de la visite des saints. Cependant, si l’on vise par le baiser de leurs mausolées la bénédiction, cela n’est pas détestable, comme l’a fatwā mon père, qu’Allāh lui fasse miséricorde. »

Al-Mardāwī a dit :
« Selon une relation d’Aḥmad, il est détestable de toucher la tombe de la main. Aḥmad a dit : Les gens de science ne la touchaient pas. Al-Athram a dit : J’ai vu les savants de Médine ne pas toucher la tombe du Prophète ﷺ ; ils se tenaient à l’écart et saluaient. Aḥmad a dit : C’est ainsi qu’agissait Ibn ʿUmar. »

Les ḥanafites, selon un avis, et les ḥanbalites, selon l’avis de l’école, estiment qu’il n’y a pas de mal à poser la main sur la tombe.

On lit dans al-Fatāwā al-Hindiyya, rapportant Burhān al-Tarjumānī :
« Nous ne connaissons pas le fait de poser la main sur les tombes comme une sunna ni comme une chose recommandable, mais nous n’y voyons pas de mal. »

ʿAyn al-Aʾimma al-Karābīsī a dit :
« C’est ainsi que nous l’avons trouvé, sans désapprobation de la part des salaf. »

Dans Ghāyat al-Muntahā :
« Il n’y a pas de mal à toucher une tombe de la main, surtout celle dont on espère la bénédiction. »

Dans Kashshāf al-Qināʿ :
« Il n’y a pas de mal à la toucher, c’est-à-dire la tombe, de la main. »

Dans al-Inṣāf :
« Il est permis de toucher la tombe sans détestation ; c’est l’avis mis en avant dans les deux Riʿāya et dans al-Furūʿ. »

Selon une relation d’Aḥmad ibn Ḥanbal, il est même recommandé de toucher la tombe. Abū al-Ḥusayn a dit à propos de cette relation dans Tamāmuhu :
« C’est la plus correcte. »

Voir également le terme « Visite du Prophète ﷺ », § 6.

Ainsi dans la Mawsūʿat al-Fiqhiyya al-Kuwaytiyya (43/311).


Sources principales citées :
al-Fatāwā al-Hindiyya, al-Madkhal d’Ibn al-Ḥājj, al-Shifā du qāḍī ʿIyāḍ, al-Majmūʿ de al-Nawawī, Mughnī al-Muḥtāj, Iḥyāʾ ʿUlūm al-Dīn de al-Ghazālī, al-Ikhtiyārāt al-Fiqhiyya d’Ibn Taymiyya, Kashshāf al-Qināʿ, al-Inṣāf, Ghāyat al-Muntahā, etc.

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