Le juge cheikh Zakariyyaal-Ansārī a dit dans Fatḥ al-Wahhāb bi Sharḥ Minhāj at-Ṭullāb :
L’imam an-Nawawī a dit dans son Sharḥ Muslim :
« L’avis connu de l’école de l’imam ash-Shāfiʿī est que la récompense de la lecture du Coran ne parvient pas au défunt. (Ce que l’imam ash-Shāfiʿī entend par “ne pas parvenir” concerne le cas où la lecture n’a pas lieu auprès de la tombe. En revanche, lorsque la lecture se fait auprès de la tombe, elle est bénéfique selon l’avis unanime.) Certains de nos compagnons ont dit qu’elle parvient bel et bien au défunt. Plusieurs savants ont soutenu que la récompense de toutes les œuvres d’adoration — prière, jeûne, lecture, etc. — parvient au défunt. »
Cheikh Zakariyyā al-Ansāri a poursuivi :
« Ce qu’a mentionné an-Nawawī de l’avis le plus connu du madhhab s’applique au cas où la lecture est faite loin du défunt sans l’intention de lui offrir la récompense, ou s’il l’en a eu l’intention sans invoquer à son intention.
Quant à l’imam as-Subkī, il a dit : Ce que démontre l’induction des textes, c’est qu’une partie du Coran, lorsque l’on vise par sa lecture à avantager le défunt, lui est bénéfique. J’ai détaillé cela dans mon Sharḥ ar-Rawḍ. »
(Fatḥ al-Wahhāb bi Sharḥ Minhāj at-Ṭullāb de Zakariyyā al-Ansārī)
Avis d’al-Ḥāfiẓ Ibn Ḥajar al-ʿAsqalānī
Dans al-Imtāʿ bi al-Arbaʿīn al-Mutabāyinah as-Samāʿ, il rapporte :
« Az-Zuʿfarānī a dit : J’ai interrogé l’imam ash-Shāfiʿī au sujet de la lecture du Coran auprès de la tombe. Il a répondu : Il n’y a pas de mal, c’est une bonne chose.
Ce texte est rare (transmis uniquement par az-Zuʿfarānī, transmetteur fiable du madhhab ancien). S’il n’existe rien dans le madhhab nouveau qui contredise cet avis, il demeure valable.
De cela, on comprend qu’ash-Shāfiʿī considérait que la récompense de la récitation parvenait au défunt, car le Coran est la forme de “dhikr” la plus noble. Si l’on accorde la bénédiction du dhikr au lieu et à ceux qui y sont, à plus forte raison cette bénédiction atteint-elle le défunt.
Cela trouve un appui dans le hadith des deux rameaux verts posés sur les tombes : leur tasbīḥ apporte un allègement au défunt tant qu’ils restent verts. Si les objets inanimés apportent une bénédiction par leur glorification, combien plus la lecture du Coran, parole d’un croyant pieux ! »
(al-Imtāʿ bi al-Arbaʿīn al-Mutabāyinah as-Samāʿ, d’Ibn Ḥajar al-ʿAsqalānī)
Le cheikh ach-Chams Muḥammad ibn ʿAlī ibn Muḥammad al-ʿAsqalānī al-Kinānī, connu sous le nom d’Ibn al-Qaṭṭān (m. 813 H), fut interrogé sur cette question. Il répondit dans un traité intitulé al-Qawl bi-l-Iḥsān al-ʿAmīm fī Intifāʿ al-Mayt bi-l-Qurʾān al-ʿAẓīm :
« Beaucoup de savants ont dit que la récompense de la lecture du Coran parvient au défunt. L’imam Aḥmad l’a également affirmé après avoir jugé que la lecture au cimetière était considérée comme bidʿa (innovation) — il a néanmoins dit que toute bonne œuvre, qu’il s’agisse d’aumône, de prière, de jeûne, de retraite spirituelle ou de lecture du Coran, profite au défunt.
Cet avis fut rapporté de plusieurs savants antérieurs. Il fut aussi transmis qu’ash-Shāfiʿī accepta l’idée du bénéfice de la lecture sur la tombe, et notre maître Shihāb ad-Dīn Ibn ʿAqīl l’a choisi.
Il est également rapporté mutawātir (amplement attesté) qu’ash-Shāfiʿī visita la tombe de l’imam al-Layth ibn Saʿd, fit son éloge, lut une khatma (lecture complète du Coran) à son intention et dit : “J’espère que cette bénédiction perdurera.” Et effectivement, ce fut le cas. »
Le juge al-Qāḍī Ḥusayn, une grande autorité du madhhab, a émis une fatwa :
« Il est permis d’être rémunéré pour lire le Coran à la tête d’une tombe, tout comme pour faire l’appel à la prière ou enseigner le Coran. »
L’imam an-Nawawī, dans les Ziyādāt ar-Rawḍa, a confirmé :
« Le texte apparent indique la validité de cette pratique sans restriction, et c’est l’avis retenu. En effet, le lieu de la lecture est un lieu de bénédiction et de descente de la miséricorde — ce qui profite au défunt. »
Le Qāḍī Abū Ṭayyib ajoute :
« La récompense est pour le lecteur, et le défunt présent bénéficie de la miséricorde et de la bénédiction. »
L’imam al-Qurṭubī appuie cela par le hadith des rameaux verts, relaté par al-Boukhārī et Mouslim :
« Le Prophète ﷺ divisa une palme verte en deux, en planta une moitié sur chaque tombe, puis dit : “Il se peut qu’elles allègent leur châtiment tant qu’elles ne sèchent pas.” »
Al-Qurṭubī commente :
« Si des plantes apportent un allègement par leur tasbīḥ, à plus forte raison la lecture d’un croyant du Coran ! »
Les appuis dans les hadiths
Les savants mentionnent également plusieurs hadiths :
- “Lisez Yā Sīn pour vos morts.” (rapporté par an-Nasaï, Ibn Mājah et Ibn Ḥibbān)
- “Lisez le Coran sur vos défunts.” (Abū Dāwūd)
- “Yā Sīn est le tiers du Coran. Aucun homme ne la lit avec sincérité sans qu’il soit pardonné. Lisez-la pour vos morts.” (Aḥmad)
Les salafs ont expliqué que si la lecture de Yā Sīn profite au mourant (le muḥtaḍar), elle profite également au défunt — car leur état spirituel se ressemble.
pour finir
L’imam an-Nawawī rapporte dans Riyāḍ as-Ṣāliḥīn (chapitre : Invocation et lecture du Coran auprès de la tombe après l’enterrement) :
« Ash-Shāfiʿī a dit : Il est recommandé de lire auprès de la tombe une partie du Coran, et s’ils y terminent la lecture complète, c’est encore meilleur. »
Ainsi, il apparaît des propos des imams du madhhab shāfiʿite et d’autres savants que le défunt bénéficie effectivement de la lecture du Coran, qu’elle ait lieu à sa tombe ou qu’elle lui soit dédiée avec intention et invocations