Ordonner aux gens du commun de suivre le Livre et la Sunna est une parole vraie par laquelle on vise le faux.
Car ce qu’il entend par là, c’est l’abandon des écoles juridiques reconnues et le fait de tirer les règles directement du Livre et de la Sunna sans intermédiaire.
Or cela est un égarement, et y appeler est la preuve même de l’ignorance.
En effet, il est connu de tous que les textes comportent :
– des versets ou hadiths abrogés,
– d’autres rejetés en raison d’un défaut dans leurs transmetteurs,
– certains contredits par des textes plus forts et donc délaissés,
– des textes généraux restreints ailleurs par une précision,
– d’autres dont le sens apparent est détourné pour une raison valable,
– et ainsi de suite…
Tout cela ne peut être maîtrisé que par les imams mujtahidûn.
Et parmi les écoles des mujtahidûn, les plus solidement établies sont celles des quatre imams suivis, en raison du grand nombre de spécialistes qui les ont étudiées, de l’ampleur de leurs connaissances et de la profondeur de leur recherche.
Sortir de leur suivi est un égarement, et appeler à cela est ignorance et désobéissance.
Si nous examinions attentivement ceux qui pensent suivre le Livre et la Sunna, nous constaterions qu’en réalité ils suivent l’interprétation de certains contemporains du Livre et de la Sunna comme le cheikh albani par ex
Ils ont ainsi délaissé la compréhension des imams mujtahidûn pour adopter la compréhension de ces personnes-là.
Ils ont donc troqué ce qui est meilleur contre ce qui est inférieur.
L’imam Ibn Abî Zayd al-Qayrawânî a dit :
Ibn ‘Uyayna a dit :
« Le hadith peut être une cause d’égarement, sauf pour les juristes. »
Il voulait dire que d’autres peuvent prendre un texte selon son sens apparent, alors qu’il possède une interprétation provenant d’un autre hadith, ou qu’il existe une preuve qui leur échappe, ou encore qu’il s’agit d’un texte délaissé pour d’autres raisons.
Tout cela ne peut être maîtrisé que par celui qui a une profonde connaissance du fiqh.
Ibn Wahb a dit :
« Si Allah ne m’avait pas sauvé par (l’enseignement de) Mâlik et de al-Layth, je me serais égaré. »
On lui demanda : « Comment cela ? »
Il répondit :
« J’ai multiplié l’étude des hadiths, et cela m’a troublé. »
Dans une autre version :
« Je pensais que chaque hadith rapporté devait être appliqué. »
Alors je présentais ces hadiths à Mâlik et à al-Layth, et ils me disaient :
« Prends celui-ci et laisse celui-là. »
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